Le cardinal Jacques Martin

À l’automne 1933 la famille Martin s’installe à Rochecorbon. Leur fils Jacques, 25 ans, séminariste à Rome, est venu les aider pour l’installation. Sa carrière dans les ordres religieux sera rapide, en 1936 il entre au Secrétariat du Vatican et, dans des rôles de plus en plus importants le menant à celui de préfet de la Maison pontificale, il ne côtoiera pas moins de 6 papes.

 

1978 : c’est l’évêque Jacques Martin qui ferme la porte du conclave qui conduira à l’élection de Jean-Paul II.

Il viendra souvent à Rochecorbon pour retrouver sa famille, cueillir les fruits, faire le miel ou nager dans la Loire. On le verra aussi quelques fois à l’église ou au Préventorium de Vauvert.

Découvrons un peu plus ses passages en terre rochecorbonnaise.

Ses origines

Son père, Paul Martin, était militaire de carrière, il déménagera souvent. En 1908 il est lieutenant au 8ème bataillon de chasseurs à Amiens. Le 28 août 1908 il se présente à la mairie d’Amiens pour déclarer que son épouse, Charlotte Deutz, venait d’accoucher de leur fils Jacques.

 
Acte de naissance de Jacques Martin. Il est à noter que toutes ses biographies signalent que son prénom de naissance n’était pas Jacques mais Jacques-Jean. L’extrait ci-dessus vous démontre qu’il n’en est rien, les prénoms donnés étant dans l’ordre : Jacques Marie Joseph Michel Charles Louis ! Quant à son père, Paul Martin, l’état civil le connaissait avec les prénoms Marie Paul…
Source : Archives communales et communautaires d’Amiens.
La famille comme indiqué précédemment se déplacera dans différentes villes dont Strasbourg (où le jeune Jacques fait ses études universitaires de lettres) et Reims où la famille habite en 1933. Paul Martin à 59 ans. Il connaît la Touraine et souhaite y prendre sa retraite. Il achète à Rochecorbon la villa « La Crête fleurie » dans le vallon de Vauvert.

Vue intérieure de la propriété « La Crête ». Paul Martin pose, certainement en compagnie de sa fille Marie-Renée, dite « Lolotte » puis « Lolo ».

Cette maison, construite entre 1842 et 1844 pour un médecin de Tours, est alors appelée « La Crêterie » (qu’on retrouve parfois mal orthographiée « La Greterie »), ou plus simplement « La Crête ».  C’est probablement Paul Martin qui complétera le nom en « Crête fleurie ».


La famille s’y installe donc en 1933, le père y reste jusqu’à son décès le 4 janvier 1948. La maison est alors trop grande, une partie est louée. Finalement la maison sera revendue en 1963, la mère s’installe à Tours, quartier de Clocheville.

L’agenda de Jacques Martin

Toute sa vie il tiendra un agenda, sorte de carnet intime contenant ses déplacements, ses lectures, son interprétation des grands événements… Ces carnets sont déposés aux archives du Cantal et une synthèse en a été publiée.

Extrait des carnets de jacques Martin. Écrits en français. 

Cette page a trait à la disparition prématurée du pape Jean-Paul Ier.


On peut y découvrir ces passages concernant Rochecorbon et dans lesquels on trouve un intéressant témoignage de la vie à ces époques (les baignades dans la Loire, la période de la guerre, les transports,…) :

  • 1933 : 9 sept. De La Chapelle à Rochecorbon. Vu la maison. Installation à l’hôtel de la Lanterne. Le 11, installation de la maison. Fait le peintre, l’électricien, etc…Le 14, tout le monde couche à la Crêterie. Le 16, entrée d’une cuisinière et d’une femme de chambre. Le 17, déjeuner à la Crêterie (1ère fois). Pris le café sous le cèdre. Le 22, fait des conserves de prunes avec les filles (au soufre, manipulation de vessies, etc…). Le 28, arrivée d’une nurse (Jacqueline Duplin). 5 oct. Fait des rangements, installation, bricolage dans la maison (tringles à rideaux). Lu les journaux : Le Temps, Le petit Démocrate. Le 24, retour à Rome.
  • 1934 : Le 14 juil., Rochecorbon : joué avec Henri Martin. Le 16, à Tours pour mon ornement. Le 27, acheté une bicyclette à Tours (400F) : bicyclette anglaise de dame. 15 août je prêche à la grand’messe (1er sermon : émotion). Le 27, arrivée du Dr Ruchaud (ami). On lui fait diverses farces (lapin dans son armoire…). 4 sept. Arrangé la lanterne magique. Projections le soir. Vues de stéréo. Le 3, préparé à sa 1ère communion un enfant du Préventorium. Le 12, à Tours, fait transformer le phonographe. Le 13, chanté avec Yves deux enterrements. Le 20, les petits Salmon à goûter. Écrit enveloppes de faire-parts d’ordination. 27 sept. Rochecorbon, arrivée de Tante Claudie [Dumesnil]. Le 28, gaulé les noix. Les Yves, Raoul, Maman, Claudie à Chenonceaux. Le 29, visite à l’abbé R. pour qu’il me prête sa voiture pour passer le permis. Le 1er oct. 2 bains de Loire. Temps merveilleux. Fait les foins avec Yves. Le 4, raté mon permis. […] Le 21 oct., chanté la grand’messe à Rochecorbon. Sermon du curé (Abbé Legoff). Défilé et bénédictions nombreuses. Le 22, dit la messe au tombeau de St Martin. Toute la famille vient.

 

Compte-rendu du prêche fait lors de la grand’messe du 15 août 1934, établi par l’abbé Le Goff dans son bulletin paroissial de septembre 1934.
  • 1935 : Le 18 juil., à Rochecorbon. 12 août à Neuvy-le-Roi, installé la colonie : lits,… Le 15, Assomption, prêché à Rochecorbon. Du 16 juil. au 6 sept., à la colonie de vacances de Neuvy-le-Roi. 7 sept. À la Crête avec tous les Raoul et Tante Marguerite (Becquet).
  • 1936 : 14 août à Rochecorbon : les Raoul, Odile, Lolotte. Le 24, bain de Loire. Aidé Raoul à passer la sellerie au Brecknell. Feu de camp le soir sous le cèdre : bans, chansons, exhibitions variées. Le 25, fait jouer les enfants du Préventorium. Bain de Loire, à la nage de la Crête à St Georges. Le 30, Tante Gaby [Gabrielle Nérot] à la Crête. Joué, chanté avec les petits. Le 26 sept. peint le poulailler. 1er oct. Rochecorbon – Paris avec Maman.
  • 1937 : Le 3 août, un docteur me prescrit repos et suralimentation pour remonter ma tension. Le 14, arrivée des Raoul en auto, 5 enfants, Xavier au berceau. Le 18, arrivée de Colette à Rochecorbon avec les 2 petites filles (Meryem et Christiane).
  • 1938 : Le 17 juil., Paris : messe aux Carmes, servie par Tante Gaby. Puis Tours : Yves m’attend à la gare et m’emmène dans sa voiture à Rochecorbon. Il ne reste que quelques jours et repart à Allemont. Les Raoul sont là tout le mois de juillet. Le 15 août, fait un sermon à Rochecorbon sur mon voyage à Budapest. Je prends les enfants du Prévent le matin pour les instruire. Parties de tennis fréquentes chez les Garzinski. 31 août Retour à Rome. […] Le 30 sept., arrivé à Tours à 3h du matin. À Rochecorbon, Odile en partance. 3 oct. Paris. […] Le 12, passage pour fermer la Crête et départ pour Royan avec les parents.
Carte postale certainement éditée pour le propriétaire Paul Martin. Il utilisait ses cartes pour présenter ses vœux chaque année.
  • 1939 : Le 19 août Rochecorbon. Tennis chaque soir chez les Garczinski. Le 22, instruit et promené les enfants du Prévent. Le 25, Papa prend la tête de son service téléphonique à Tours. 2 sept. Arrivée à la Crête de Grand-Mère Deutz, Odette Manoncourt et les 2 demoiselles Devère. Le 3, prêché à Rochecorbon sur la paix de l’âme.
    Notes 3 sept. : Déclaration de guerre à l’Allemagne : à 11h par l’Angleterre, à 17h par la France.
    6 sept. Collé des papiers contre les volets et peint les ampoules en bleu. Accident de M. Vivet, je vais l’administrer le soir à l’hospice de Tours. Le 7, chapelet à l’église de Rochecorbon tous les soirs. Le 28, retour à Paris.
  • 1940 : Le 17 juil., reçu (enfin !) 4 lettres de la famille, les premières depuis 40 j. Récit animé de l’invasion et des évacuations. Tout le monde sain et sauf à Rochecorbon.
  • 1941 : 24/28 juin Voyage Rome – Turin – Vichy – St Germain des Fossés – Passé la ligne de démarcation à Moulins – Tours – Rochecorbon. Le 30, cueilli les pois avec le jardinier. Cassé du bois. Promené les enfants du Prévent. 1er juil. Fait la queue à la mairie pour les cartes d’alimentation. Le 4, Madame Mesnet vient à la maison en larmes nous annoncer la mort de Raoul, tué en Syrie le 27 juin. Le 5, mort de Jean Ferry. Le 6, mort de Grand Mère Deutz à Paris. Odile 24 heures à Rochecorbon. Le 7, voyage Rochecorbon Paris avec Maman. […] Le 12, Paris – Tours, et à Rochecorbon à bicyclette. Le 13, tenu compagnie à Maman. Recevons quantité de lettres de condoléances. Le 22, cueilli des cerises. Le 26, rentré le foin. Le 28, service pour Raoul à l’église de Rochecorbon. Emploi du temps habituel à la Crête Fleurie : Messe 7h ½ ou 8h. Travaux dans jardin ou maison (électricité, lapins, cueillettes…). Repos au salon après déj. jusque vers 3h. Lis ou écris près de Maman. Je réunis les enfants du Préventorium de Vauvert tous les 2 ou 3 jours, soit tous en promenade, soit les petits de la 1ère Communion à la salle de jeux. [C’est ainsi tous les étés]. Au village dans la soirée. Veillée en famille jusque vers 10h ½. 4 août Les Georges Nérot en balade avec Lolotte (en bicyclette). Le 6, confectionné une mangeoire pour les lapins. Le 7, reçu mes ausweiss. Le 10, à Vichy (Nonciature).
Le préventorium de Vauvert à Rochecorbon. cet établissement accueillait les enfants convalescents, notamment ceux revenant de cures contre la tuberculose.
  • 1942 : Le 27 juin, Tours, Genillé, Rochecorbon. À Tours, passage de la ligne de démarcation assez mouvementé avec Lolotte. Trouvé Papa tout perclus d’une récente chute d’un cerisier. Cueillettes cerises, nombreuses visites, conversations intéressantes sur la situation. Le 28 juillet, confectionné avec les filles une marmite norvégienne. 2 août Papa nous met au courant des papiers de la maison (et de la généalogie de la famille). Le 4, cuisiné avec Mammie. Aux ruches avec Lolotte : récolté 18 kg d’excellent miel (longues manœuvres d’extraction, mise en pots. Tante Esther nous donne un coup de main. Le 10, Ausweiss [laisser-passer] refusé. Je pars à Paris. Le 14, retour à Rochecorbon pour attendre issue démarches laisser-passer. Le 17, essai de fabrication de boulets avec Lolotte (sciure + poussière de charbon + terre glaise + eau) pour le feu de cuisine. Le 23, rappel à Paris.
  • 1943 : 27 juin Audience du St Père aux professeurs des sœurs. Il me conseille de ne pas quitter Rome cet été.
  • 1944 : 14 nov. Paris (8h30) à Tours (19h45). Traversée d’Orléans à pied. Tortillard interminable. À pied Tours Rochecorbon. Arrivée à 9h du soir. Le 15, aidé les parents au transfert meubles pour installation d’hiver. Le 16, à la Mairie retirer mes tickets d’alimentation. Coupé du bois. Visité Lolotte à sa « Maison du Prisonnier » à Tours. Le 17, arrivée d’Yves en jeep (du front des Vosges-Val d’Ajol), permission de 48 h. Grande joie, écrit à Odile. Le 18, messe d’action de grâces. Acquisition de vin pour sa popote des Goums. Le 19, messe au Préventorium. Courses au village avec Yves qui emballe et nous quitte à 2h pour repartir au front sur sa jeep. 20 nov. À Vouvray (pour du tabac). Retour de St Symphorien sur un camion chargé de pommes. Le 21, cassé du bois et autres travaux de maison. Pendant les soirées lu aux parents et à Lolo extraits de mon Journal depuis 1940. Le 23, grand goûter à la maison avec tous les amis. 3 déc. Course en bicyclette jusqu’à St Symphorien en vue d’un départ en camion pour Clermont cette nuit. Camion en panne. Le 6, arrivée impromptue du Cardinal Tisserant à 9h ¾. Fait ma valise en 10 minutes. Puis en auto avec lui vers Orléans. Orléans-Chartres.
Accueillant De Gaulle à Rome en 1944.
NDLR : en août 1944 le colonel Paul Martin, le père de Jacques, agira pour que les allemands ne fassent pas exploser les caves troglodytiques de Vauvert (près de sa maison) où du matériel était stocké. Voici le récit fait après cet épisode :
Rochecorbon abritait dans l’une de ses caves, à Vauvert, 200 à 300 tonnes de bombes et de munitions que les allemands devaient faire sauter avant leur départ. Les caves et la maison de Pierre Creuse appartenant à Monsieur Loyau avaient été réquisitionnées au début de la guerre. Le 10 août 1944, les voisins : Mrs Crosnier, Hourdin et Gaultier alertèrent les autorités qui, dès cette minute vont lutter pour empêcher cette cave de sauter, Le colonel Martin et Monsieur Tabarly, appuyés du préfet d’Indre et Loire, entreprennent des démarches auprès de la Feldkommandantur et auprès du commandant du camp d’aviation. Cette délégation est reçue par le colonel Boehmer, qui, après une entrevue orageuse, faisant primer la loi de la guerre, revient à des sentiments plus humains et accepte un compromis, en promettant de ne faire ébouler que l’entrée de la cave. À partir de ce moment, une garde civique permanente va se relayer toutes les trois heures durant tous les jours qui vont suivre. […] Jusqu’au 18 août, il y eut des va-et-vient de camions venant chercher les munitions. Devant l’avancée très rapide des Américains, les Allemands s’enfuirent non sans emporter quelques bouteilles de Vouvray. Le 18 août 1944, les Rochecorbonnais purent enfin souffler. Sans l’héroïsme de ce groupe, les dégâts auraient été inestimables : dégâts autant humains que matériels (immeubles, caves) et s’étendant jusqu’à Vouvray. Ont participé à cette opération : messieurs Houdin, Guillemin, […] le colonel Martin.

  • 1945 : Le 21 juil., de Paris (dans un train bondé) à Tours. Archevêché. Le 22, Tours-Rochecorbon à pied. Le 27, La Trinité, jusqu’au 7-8. Visite aux dames Chalenquis (anciens propriétaires de la maison d’Aimée), pêche crevettes, canot, bains, visite de Carnac,… 8 août Rochecorbon. Trouvé les Yves au complet. Le 9, un tour avec Yves convalescent, un peu sourd. Le 11, tiré de l’eau du puits avec Yves, bain de Loire avec les enfants. Je lis « L’homme cet inconnu » d’Alexis Carrel. Le 13, tante Gaby vient passer 8 jours en Crête. Le 15, goûté chez les Régnard. Le 19, kermesse à Vouvray, emmené les enfants d’Yves. 20 août Marie-Adeline Roland Gosselin me raconte ce qu’elle a vu et souffert à Ravensbruck. Chanté du Wagner à la famille avec Colette au piano. Le 22, au village avec Yves et les bicyclettes (pommes de terre !). Le 24, retour à Paris. 
  • 1946 : Le 2 août, train pour Tours, trajet à Rochecorbon à bicyclette. Trouvé les parents et Lolotte. Le 3, marié Justin Larrieu, le jardinier de Rochecorbon. Déj. dans la salle de jeux, invités par eux. Le 4, bains de Loire, cassé du bois… Le 7, Geneviève Trancart vient la journée. Le 8, enterrement de M. Laucagne. Visite au surveillant général du Lycée de Tours pour y mettre Henri en Math Elem. Le 12, changé les ruches de place avec Lolotte. Préparé un enfant de Vauvert à la 1ère Communion. 16 août Fait des confitures, grillé du café. (Le 15, prêché 2 messes, + dimanche dernier). Le 20, chanté une messe d’enterrement. Arrivée de Jacques Blondeau, avec lui de Tours à Rochecorbon. Etudié en long et en large ses histoires matrimoniales. Le 22, goûter chez les Sommesous (plantureux). Arrivée Tante Hélène pour me parler du ménage Blondeau. Le 25, fait causerie sur le Pape à St Symphorien devant 40 pers. Le 29, départ de Papa pour Metz (Souvenir Français) [Entretien des tombes des combattants dans toute la France]. 1er sept. Dernière journée en famille. Un tour sur la crête en face avec Henri, Tante Louise, Mammie et Lolotte. Le 2, à pied avec Maman et Lolotte de Rochecorbon à Tours. De Tours à Paris : dîner avec Papa dans un restaurant du Trocadéro.
  • 1947 : 9 juil. Expérience de télévision dans l’antichambre pontificale, très curieuse et intéressante. Le 15, adieux au bureau, fait ma valise. Rome 19h15 à Paris 7h55, puis Rochecorbon. Le 18.7, cueillette des cerises avec Odile. Le 28.7, récolté miel de nos ruches avec Lolotte. Chaleur torride. Le 29, travaillé au miel (extraction, mise en pots). Bains de Loire nombreux. 2 août Départ à 3h du matin pour La Trinité.
  • 1948 : 4 janv. Appris par télégramme la mort de Papa. Le 11, Avion Rome Paris. Le 12, à Rochecorbon : Mammie, Lolotte, Odile, Tante Gaby. Yves arrive de Rabat. Veillé Papa de minuit à 4 h. Feuilleté ses papiers intimes. Le 13, arrivée d’Aimée et des 5 enfants. Innombrables lettres et visites. Visite à Raguin (notaire) avec Yves. Mise en bière le soir. Des Sœurs viennent le veiller. Le 14, enterrement de Papa. Je chante la grand’messe. Mgr Gaillard adresse quelques mots et donne l’absoute. 15 janv. Rangements de lettres, visite familiale au cimetière et au notaire. Le 16, courses au village (mairie, fossoyeur, bois, notaire). Départ d’Aimée et des enfants le soir (et Henri pour le service militaire). Le 18, chanté la grand’messe. Au cimetière tous les 5 (Maman, Yves, Odile, M. Renée et moi). Le 20, nuit pénible au chevet de Maman malade (cœur). Le 22, fait ma valise. Adieux au cimetière. Quitté Rochecorbon. […] Le 13 août, à Rochecorbon. Le 14, repeint porte d’entrée de La Crête Fleurie. À Tours chercher les bagages de la famille (6 valises !). Retour en bicyclette. Le 15, célébré la grand’messe. Cimetière avec Maman et les filles. Le 16, gratté la petite porte bleue en vue de la repeindre. Le 17, Ruches, extrait 20 kg de miel avec Lolotte. Le 19, repeint porte bleue. Visites. Le 25, Préparatifs de départ.

NDLR : à propos du décès du colonel Martin voir en bas de page le texte Les mémoires de Jean Bry.

  •  1949 : Le 30 août, Rochecorbon : demi maison louée, Maman, Lolotte, Odile. 8 sept Lolotte passe ses nuits à la Clinique des Dames Blanches. Le 11, visite à Roland Gosselin. Goûter à la maison (Paulmier, Franceschi, Clavaud). Le 13, arrivée Tante Gaby. Visite inattendue d’Hélène Blondeau. Lectures : Macbeth, Le Roi Lear. Fait de l’espagnol, bains de Loire. Extraction de miel, travaux d’intérieur. Le 30, retour à Rome.
  • 1950 : Le 3 juil., à Rochecorbon. Le 8, Gérard Desnues pour 24 h. Le 10, à Tours (courroie de moteur [de la pompe à eau]). Viviane St Paul, amie de Lolotte, tuée en Indochine. Le 11, dîner chez les Sommesous. Le 13, Amboise, Clos Lucé (souvenirs de Léonard de Vinci). Le 14, déj. à l’Archevêché. Retour à bicyclette sous pluie battante. Soirée avec les Debray. Le 16, chanté la grand messe. Soirée avec Larrieu. Le 18, aux ruches avec Lolotte extraire des rayons. Manipulé du miel toute la soirée. 21 juil. En train avec Mamie et Lolotte, de Tours aux Escaldes.
  • 1951 : 2 juin Payé soutane d’été chez Garamelli (tailleur): 130.000 lires ! Le 9.7, Paris, puis Aÿ. Le 12, à Rochecorbon. Mal à la gorge. Arrivée de Meryem. Le 21, arrivée d’Odile. 24 juil. Peinture des bancs. Le 27, Lolotte et Meryem aux ruches, tourné l’extracteur.
  • 1952 : Le 19 avril, mort de M. Debray à Rochecorbon.
  • 1953 : Le 7 août, à Rochecorbon. Grève générale des PTT et des chemins de fer. Le 8, arrivée de Coucou, le 10, de Tante Gaby. Le 18, Tours – Paris.
  • 1954 : Le 20, à Rochecorbon : Maman, Odile, Lolo, Tante Mimi (Marie Van Cassel), les Breuil (nouveaux locataires) et Dora Bidwell. Le 21, repos sous le cèdre, joué au bridge avec ces dames (1ère fois depuis x années). Jardiné, lu vie de Lacordaire, cueillette cerises. 1er août Ecouté Lohengrin à la radio le soir en famille. Ruches avec Lolo (chaleur, fumée et miel abondant). Le 9, écouté Tanhauser à la radio après dîner. Arc en ciel magnifique. Retour de Mme Legras. Le 12, visite Mme Dutemple, soirée chez les Larrieu (jardinier). Le 13, courses au village, fait valise et adieux.
  • 1955 : Vacances […] 18 août Adieux à Rochecorbon. Laissé Maman et Lolo en Crête.
  • 1956 : Le 22, arrivée à Rochecorbon. Trouvé Maman et Lolo, et la 4 CV Renault (récente acquisition). Le 25, emmené Mamie et Lolo à la messe dans l’auto. Arrivée d’Odile. Travaux de jardin, écritures. Le 31, à Tours, courses avec Lolo (leçon de conduite). 5 août Lu en famille le soir à la veillée les « Intuitions du Curé d’Ars ». Le 6, tournée des châteaux illuminés en 4 CV : Amboise, Chaumont, Blois et Chambord (son et lumière). Rentrés à 1h du matin. Le 7, jardiné. Fait venir les enfants de chœur et joué avec eux dans le jardin et dans les caves. Le 8, à Tours, chercher en auto Yves, Colette et Coucou (retour de Bagnoles de l’Orne). Le 9, discuté en famille avec les Yves problèmes d’avenir (la Crête, le bled, Mamie, Lolo…). Le 10, tournée de châteaux à la nuit avec les Yves (Chenonceaux -magnifique – Amboise et la cathédrale de Tours). Retour Minuit ½. Le 12, chanté la grand messe aux Clarisses de St Symphorien. Conférence aux Sœurs sur Pie XII (à travers la grille). 16 août Commencé la peinture des volets du 2ème étage. Jeux de société après dîner (portraits, les verbes, les noms historiques). Le 22, Lolo passe son permis à Tours. Le 25, retour à Rome.
  • 1957 : Le 28 juil., messe chapelle Rue du Bac. Puis Paris-Amboise, d’où Mamie, Lolo et M. Rose m’emmènent en Crête dans la 4CV. Le 29, travaux d’intérieur, M. Rose désherbe la terrasse. Le 30, cherché Odile à Tours avec la 4CV. 2 août Tapé à la machine panégyrique de St Louis pour publication dans « La Liberté de Fribourg ». Odile et Lolo lavent l’église. Le 4, Mgr Ferrand, archevêque de Tours vient consacrer l’autel majeur de l’église de Rochecorbon. Grandissime fête. Endossé des habits violets et siégé dans l’église pendant 3 h ½ ! Le 8, en auto toute la journée avec Mamie et Lolo : Champigny s/Vende (vitraux étonnants), Châtellerault, La Roche Posay et vallée de la Creuse. Le 10, mariage de J.P. Debray. Continuation de la noce à Rochecorbon. Nuée d’enfants. Le 12, raconté histoires, tours de prestidigitation aux enfants suite à la noce. Le 14, réception en Crête (Regnard, Laucagne, Sommesous, Paulmier, Boyer, tous amis des parents). Le 16, passage des Raoul allant déménager l’appartement de Clermont. Jardinage, cueilli les amandes. 23 août Retour à Rome. 
  • 1958 : [mort de Pie XII, élection Jean XXIII]
  • 1959 : 9 avril Baisé la main du Pape sortant de la Canonica (à 9h du matin). Le 15, avion Rome Paris. Retrouvé Marie Rose. Couché à Rochecorbon (les 2 filles et Mamie). Le 16, discuté avec les filles sur l’avenir. Le 20, Paris, en auto. […] 1er juil. Sacre Mgr Veuillot par le Card. Feltin. Puis Rochecorbon (travaux d’intérieur, vitrier, peintre). Le 5, goûter chez les Debray en écoutant des disques. Le 14, visite aux Régnard et aux Clavaud. À Vouvray chercher des caisses de livres. Commencé mes emballages. Le 17, cloué mes caisses. Le 20, les ai expédiées à Rome. Le 22, fermé la maison, départ dans la 4 CV avec Maman et Lolo pour Prats de Mollo.
  • 1960 : 15 juil. Rochecorbon : trouvé les Dehan et l’enfant Thierry. Le 17, chanté la grand’messe. Déj. avec couscous, œuvre de la fatma des Dehan. 16 août Lourdes.
  • 1961 : Le 9 janv., appris l’accident d’Odile [jambe cassée en solex sur sol glacé] et les inondations catastrophiques en Indre-et-Loire par Lolo. […] 16 sept Rome – Paris – Tours. Trouvé à Rochecorbon Lolo et Gabrielle. Les Yves et Meryem pour 2 jours. Le 22, dernière messe familiale (servie par Bernard).
  • 1962 : 4 sept. À Rochecorbon, trouvé Mrs Bidwell et Coucou (+ Mammie, les filles et la 2 CV). Le 5, conduit la 2 CV, nouvelle acquisition. Le 8, arrivée de B. Dehan avec femme et enfant (jusqu’au 14). Le 20, visite du frère de M. Dehan avec la « grand-mère verte » (mère de Mme Dehan et qui a élevé tous les enfants). Le 21, à Tours, visite à Dame Legras et goûter chez les Salmochi (locataires). Le 24, excursion à Fontevrault (abbaye) avec Maman et les 2 filles. Le 28, le curé et le Colonel Clavaud à déj. 2 oct. À Paris.
  • 1963 : Le 16, petit déj. en famille chambre de maman. Visites d’acheteurs éventuels de la Crête. Rangé des papiers avec P. Frégeac. 18 août 2 messes, 2 sermons, 2 baptêmes. Les Frégeac emballent et repartent pour Paris. Le 19, J.P. Debray déménage les affaires de sa mère. Le 20, rangement des livres de Papa. Le 21, jardinage, cueilli des prunes. Le 25, inspecté les affaires à brader avec Belle, qui repart à la Trinité (emportant jouets pour enfants). Le 26, tél. à P. Frégeac et vendu la Crête à M. Simon (Velo Solex) Tours. Le 27, composé discours mariage Xavier. Le 29, fait cartons et caisses. Le 31, arrivée de Daniel. Inventorié avec lui chambre à jeux et bibliothèque du Père. 1er sept. Départ de Daniel qui emporte quelques petites choses. Le 2, arrivée de Jacqueline. Le 9, départ pour Paris. Le 12, dîner chez Aimée. Discuté attribution des objets de la Crête. 16 sept. À Rochecorbon, rangements de papiers avec Yves. Le 17, à Tours chercher Colette, Meryem et Jean. Le 18, visite de l’appartement de Clocheville avec Yves et Colette. Pris des mesures. Arrivée de Bernard Dehan avec Coucou et les 2 petits. 4 générations à table. Le 19, caisses de livres. Discussions animées entre Yves, Colette, leurs filles et les nôtres sur les attributions d’objets. Photos et « cinéma » famille Dehan. Lu Lavignac sur la vie et les oeuvres de Wagner (voyage à Bayreuth). Le 21, départ des Dehan et des Frégeac. Restent Yves et Colette. Le 24, petit déj. familial chez les Delles Gallay [restaurant en face de l’église de Rochecorbon]. { On leur fait cadeau du grand tigre en faïence de l’escalier de la Crête [ce tigre, cadeau de mariage des Allemands aux Deutz]. Le 26, retour à Rome.
  • 1964 : Le 23, messe à N.D. des Champs. Paris – Tours, à Clocheville. Le 25, travaillé à mes sermons pour Lourdes, et à la peinture de la chambre d’Odile. Le 29, le tapissier pose des rideaux. Le 30 conférence aux Petites Sœurs des Pauvres et à leurs vieillards sur le voyage du St Père en Palestine. 3 juil. En auto avec Mamie, Odile et Lolo vers Moulins-Engilbert. Visité la cathédrale de Bourges. […] Le 6, déj. Godelle. Conféré longuement avec Coucou. Goûter famille sur l’herbe, discuté partage objets de La Crête. […] 17 juil. Tours. Chaleur effrayante. Le 20, ouvriers à la maison, tapissiers, gazistes. Le 22, fait mes valises.
  • 1965 : Le 3 août, Tours. Mamie se trouve mal et se met au lit. Le 9, rangé caisses de livres. Déballé livres de Papa sur Napoléon. Le 15, chanté la grand’messe à Rochecorbon, puis vacances en Anjou, visite de châteaux (à l’hôtel à St Barthélémy d’Anjou). 1er sept La Trinité s/mer. 
  • 1966 : Le 20, à Tours dans l’appartement. Le 25, promenade en auto avec Mamie : jardin botanique, prieuré de Ronsard, bords de Loire. Le 27, les Yves. Promenade au jardin des Prébendes. Le 28, déj. de famille avec les Yves. Avec eux à Villaines chez M.Léger (où retrouvé le Colonel Dumont, tous anciens marocains). Le 30, au Comptoir d’Escompte avec Odile pour affaires. Lu 4 livres de Lenôtre : « Philippe Égalité pendant la Terreur », « La Duchesse d’Angoulême », « Le Tribunal révolutionnaire », « Les massacres de Septembre ». [en deux semaines !] 4 sept. Chanté la grand messe à Rochecorbon. Déj. chez le curé Joubert avec Odile et Mme Laucagne. Le 5, écritures. Ap. m. dans un jardin public avec Maman et les filles. Le 6, à Amboise tous. Le 9, visite de l’usine Mame. Le 11, Daniel et Christiane à déj. avec Gabrielle. Le 14, St Barthélémy d’Anjou (château de Plessis-Bourré). Le 15, à Laval. Le 21, ap. m. en auto avec Mamie, Odile et Colette dans la campagne derrière Rochecorbon et au cimetière. [beaucoup de balades en voiture avec Mamie cet été-là]. 22 sept. Fait ma valise, adieux. Tours-Paris. 
  • 1967 : 21 août Tours. Lectures, écritures, travaux d’intérieur, écouté disques, tenu compagnie à Mamie. Le 28, retraite à la Trappe de Bellefontaine : 3h 45 matines, à 20h complies. Le 29, causerie aux moines le soir (« Qui vous êtes et ce que vous faites à Rome »). 2 sept. Retour à Tours. Ap.m. à Loches en auto avec Odile : kermesse pour les lépreux. Repassé par Rassay saluer Mme Stern et sa vieille mère. Le 4, nettoyé et mis en ordre le garage avec Lolo. Lu « Beethoven » de Chantavoine. Le 6, promené Mamie en auto (1ère sortie de l’année) à Savonnières. Visité gorges pétrifiantes avec Lolo. Le 9, les filles à Rochecorbon avec les déménageurs (liquidation des restes, destination Kervillen, etc…). Visite : Mme Ducommun. Hier Yvonne Debray + 2 enfants. Le Pape malade (cystopiélite). Le 10, 7h chanté messe chez les Clarisses de St-Symphorien + conférence. Le 11, rangé le grenier avec Lolo. Le 13, refilé le « verrophone » aux aveugles de l’abbé Marchès. Le 14, refilé les « ragobits » [objets inintéressants, dans le langage familial] du garage et de la cave aux Petits Clercs de St Martin. 16 sept. Architecte et couvreur inspectent l’appartement. En auto avec Mamie à Amboise et Pocé (visites à des dames). Le 17, à Rochecorbon avec Odile. Chanté la grand-messe et fait l’homélie. Rencontré tous les amis de là-bas (liste). Déj. avec les 7 curés du canton à la cure. Le 22, arrivée des Yves. Petite promenade en auto avec Mamie, Yves et Berlou. Dîner et soirée en famille, écouté disque (4ème Concerto de Beethoven). Le 24, promenade dans le vieux Tours avec les Yves, Lolo et Gabrielle. Vu exhibition de ski nautique sur la Loire. Le 25, expédition « ragobits » chez les Petits Clercs avec Berlou. Le 26, Colette et Bernard partent, Yves reste quelques jours. Promenade en auto avec Mamie. Visite au curé de Parçay (Yves se fait masser le bras). Retour par la grange de Meslay et le cimetière de Rochecorbon. Le 30, Tours, Paris.
  • 1968 : Le 9 mars, appris mort du Chanoine Le Goff, curé de Rochecorbon. […] 1er et 2 sept. À Tours, puis avec Maman (en ambulance) et les filles, de Tours à Cormery. Le 4, promené Mamie dans sa petite voiture. Le 5, promenade avec les filles à pied vers Truyes et l’Indre débordée. Le 8, à ND de Beauchêne avec Mamie et les filles (fête bretonne). 15 sept. Visite avec Gabrielle de l’Abbaye de Cormery. Avec M. Charpentier et elle, intéressante conversation sur les journées de mai 68, les réactions de l’opinion, les déviations du jeune clergé…Le 17, visite à une sœur paralysée avec Odile, et à la Supérieure (côtes fêlées), lectures, écritures en famille. Lu « Le vén. P. Libermann, l’homme, la doctrine » du P. Liagre. Le 20, promenade à Veneuil et aux Moulins de Vontes. Le 22, journée avec les Daniel, parlé finance. Le 23, départ de Cormery et réinstallation (en 2 voyages) à Clocheville. Lu « Les Evangiles de l’Enfance » de Daniélou. Le 29, Paris.
  • 1969 : Le 4 août, Paris (déj. av. Daniel) et Tours. Souhaité la fête de Lolo. Le 5, fermé la maison. Avec Mamie et les filles de Tours à Louans, près de Chinon, chez les Soeurs Augustines. Promenades dans la propriété avec Mamie en voiturette. Le 7, à Candes St Martin : superbe point de vue sur le confluent de la Loire et de la Vienne. Le 9, à Chinon avec les filles. Chapelle Ste Radegonde. Tombeau vide de l’ermite St Jean de Chinon. Le 13, musée de Jeanne d’Arc et château de Chinon. Le 14, à Tavant (crypte ornée de fresques du XIIème) et Cravant. Le 15, grand messe à Louans, vêpres et procession dans le jardin. Visite à quelques vieillards dans la maison. Le 19, à Châtellerault, le 20, visité le vieux Chinon. Le 23, château d’Ussé. Naissance chez Daniel (Gauthier). Retour à Tours le 26. Les 27 et 28, promenade avec l’abbé Agostini : gorges du Tarn, Grotte de Dargilan, Aven Armand, Montpellier le Vieux. À Tours, rangements, visites à Rochecorbon. […] 30 déc. Appris la mort de Maman. Préparatifs de départ. Le 31, de Rome (9h) à Paris (11h) et Tours (16h). Accueilli à Orly par Gabrielle. Déj. av. elle gare d’Austerlitz. À Tours trouvé maman morte sur son lit, les filles, Yves. Installation chez les Sœurs de l’Impasse Rabelais, froid très vif.
  • 1970 : 1er janv. Arrivée d’Aimée, Belle et Henri. Le 2, déj. de famille avec les Raoul, Yves et les Frégeac. À 15h enterrement de Mamie. Célébré messe à St-Julien. Inhumation à Rochecorbon. Réunion famille à la maison (les Nérot, Desnues, Raymond Deutz, Jimmy et André Lallier, Jacqueline et Daniel, Pol Rousselot). Le 3, fait imprimer et expédié faire-parts. Remercié le Pape, Mgr Ferrand, le Card. Marty, etc… Le 4, arrivée de Colette. Soirée en famille. Le 10, à Paris.
1978 : Jacques Martin (gauche de l’image) 
accompagnant Jean-Paul Ier.
Par la suite il vient régulièrement à Tours, mais les mentions citant Rochecorbon deviennent rares :
  • 1979 : Le 18, visite : Sr Bernadette (Rochecorbon) avec 2 autres supérieures. Lolo les promène dans les jardins. Le Pape annonce son voyage en Turquie.
  • 1985 : Le 30, avec Lolo et le Recteur Sadoux à Loches (déj au restaurant Georges Sand) et à Perrusson (famille Sadoux 3 générations), retour par les ruines de l’abbaye de Beaulieu. Le 31, messe à St Martin, visite à l’archevêque Mgr Honoré, au cimetière de Rochecorbon.
  • 1986 : Le 20, départ de Brétigny en auto avec Coco et Lolo pour Tours. Le 21, à la tombe des parents à Rochecorbon, dîné chez Melle Regnard.
  • 1987 : Le 13, à Tours : appris mort J. Lallier. Visite aux Capelle (Brigitte, Mathilde, Adrien). Le 14, en auto avec Lolo à Rochecorbon et visite à Melle Guimas. puis Tours – Paris – Epernay – Aÿ.
Élévation au grade de cardinal par Jean-Paul II en 1988.
  • 1989 : 13.7 Visite aux Duveau, Déj avec Sadoux à Montbazon, visite à Perrusson (+ neveux et nièces). Tamponnement de la 2 CV (aile avant). Cherché un tôlier. Le 14, déj chez les Péronnet av Lautrain (+ enfants et petits-enfants au dessert). Grandes fêtes à Paris, opéra ballet aux Champs Elysées. Le 15, avec Lolo à « l’Aulée » chez Jimmy Lallier (Anne Claire, Rose et M.Ange), déj champêtre et visite des caves. Rencontré les Stern, Alain Nérot, les Capelle, le maire d’Azay le Rideau, et quelques tourangelles (Regnard, Courvalin, Arnoult…). Le 16, avec Lolo et Ninette Ruchaud à Rochecorbon (prié au cimetière, messe concélébrée avec le Curé Lehoux). Déj chez les sœurs avec le curé. Le 18, visites d’adieux et notaire Chabassol avec un éventuel acquéreur de la maison.
Extrait du bulletin paroissial « Le trait d’union » n°71 du 4ème trimestre 1989. Il relate la messe tenue le 16 juillet de cette année dans l’église Notre-Dame de Vosnes à Rochecorbon par le Cardinal Jacques Martin. Ce long article rappelle que ce dernier avait déjà servi la messe dans cette même église 55 ans auparavant ! Et qu’il fut successivement secrétaire particulier du Cardinal Montini (futur pape Paul IV), camérier secret de Pie XII en 1941, Prélat de Sa Sainteté en 1951, chanoine de Saint-Siège et Protonaire apostolique en 1958, Évêque de Naplouse en 1964, Préfet de la Maison Pontificale en 1969, Archevêque et Consulteur à la Secrétarie d’État en 1986, Cardinal en 1988, et que chaque année il revient à Rochecorbon pour prier sur la tombe de ses parents.

 

Le bulletin d’information municipal de 1990 retrace également cette prestigieuse visite. L’article est illustré de cette rare photographie du Cardinal Martin devant le portail de l’église de Rochecorbon. Voici l’intégralité de l’article : 

Le dimanche 16 juillet 1989, le Cardinal Jacques MARTIN est venu célébrer la Messe à ROCHECORBON,selon le souhait qu’il avait exprimé. Pour en comprendre la raison, il est utile de retracer brièvement sa vie qui est déjà connue d’un certain nombre de Rochecorbonnais. Monseigneur MARTIN est né en 1908 à AMIENS où ses parents, le Colonel et Madame MARTIN, habitaient à cette époque. Après une licence ès lettres, il entre au Séminaire Français de Rome où il devient docteur en théologie. Il est ordonné prêtre en 1934. Comme ses parents se sont retirés à Rochecorbon vers 1933, c’est tout naturellement qu’il célèbre une de ses premières messes dans l’église paroissiale. Toutefois, il est toujours resté à Rome, à la Secrétairerie d’État au Vatican. C’est en 1964, pendant le pèlerinage de Paul VI en Terre Sainte, que ce dernier le nomme évêque de NAPLOUSE. De 1969 à 1986, il est Préfet de la Maison Pontificale. A ce titre, il est comme le Premier Secrétaire du Pape qu’il rencontre presque journellement ; il est spécialement chargé des audiences du Pape et de la préparation de ses déplacements à travers le Monde. En 1986, il se retire et le Pape le nomme Archevêque. De plus, en 1988, pour l’honorer et le remercier de son activité auprès des différents Papes, Jean-Paul II le nomme cardinal. Monsieur le Curé LEHOUX.
  • 1990 : Le 15 fév., traité par téléphone la vente de la maison r. de Clocheville avec Gardon. […] Le 19 août, rangements de papiers de la « Crête Fleurie ». Le 22, à Rochecorbon sur la tombe des parents.
  • 1991 : Le 18, à Rochecorbon visite aux Sœurs de Marie Réconciliatrice (nouvelle maison) et au cimetière. Le 20 [écriture chahutée], fermé la maison de Tours (10h30).
Ce sera son dernier passage à Rochecorbon. Le cardinal Jacques Martin décède le 27 septembre 1992.

Les mémoires de Jean Bry

Jean Bry a vécu dans sa jeunesse quelques années à Rochecorbon juste avant guerre. Dans les mémoires qu’il a écrits il fait allusion à la famille Martin :

« Occasionnellement, arrivait de Rome, durant les vacances, l’abbé Martin. Son père, colonel en retraite, et la famille possédaient une magnifique maison à Vauvert, au pied de la falaise en haut de laquelle furent retrouvés les vestiges d’un oppidum gaulois. Sa vocation s’était révélée à Trêves où son père était en occupation après 14/18. Sur le conseil de l’Aumônier général, il fit son séminaire à Nice puis partit au séminaire français de Rome où il devait rester toute sa vie ; devint secrétaire particulier de plusieurs papes, Préfet du Palais Apostolique, évêque in partibus de Naplouse. En juin 1988, il a été nommé cardinal. Aux cérémonies pontificales de Noël et de Pâques, il apparaissait aux côtés du pape sur le balcon de Saint-Pierre de Rome pour la bénédiction urbi et orbi. Avec ma mère, nous constations qu’il ressemblait en vieillissant, de plus en plus à son père.

Le colonel Martin avait la soixantaine passée à l’époque. Grand gaillard sec, il se déplaçait exclusivement sur un vélo modèle 20, sur lequel une sonnette remplaçait le timbre. Il périt écrasé par deux bons copains à moi : Jean Félix et Théo Charpentier. En plein chapelet, sur les bords de la Loire, il revenait de la messe à Rochecorbon, eux rentraient de Vouvray, d’un rendez-vous de travail pour l’imprimerie Arrault. Perdu dans sa prière, il leur coupa la route alors qu’ils venaient en face, quasiment sous le nez. Il mourut sur place. Son âme, survolant le fleuve, monta en beauté, directement au paradis. 
La présence de l’abbé Martin à la grand-messe, flattait notre brave curé : c’était un peu du Vatican qui venait jusqu’à lui. Il nous montrait une sympathie bienveillante et nous le regardions avec des yeux ronds : une belle réussite professionnelle à vingt-cinq ans. »


Texte publié avec la permission de l’auteur. À noter que le Cardinal Martin avait fait son séminaire à Strasbourg et non à Nice.

Les souvenirs de Melle Piednoir, ancienne pharmacienne de Rochecorbon

« À Rochecorbon, les Sœurs organisaient chaque année une kermesse au profit de l’école qu’elles géraient à l’époque. Je me souviens qu’un soir, alors que le diner de kermesse était prévu sous les arbres de l’école, je le vis arriver, portant une grande marmite pour le repas. C’était une personne simple et aimable. »

Cette histoire se situait certainement en 1989 (voir plus haut l’article du bulletin paroissial).

Pour en savoir plus :

Vouvray a connu aussi sa « célébrité » religieuse : l’archevêque Georges Prudent Marie Bruley des Varannes (1864-1943), notamment connu pour être allé au Japon de 1889 à 1892 et avoir été évêque de Monaco de 1920 à 1924.

 

Extrait du journal Les Modes de juin 1927.
Des éléments biographiques 
sont disponibles sur Picasa.
 

pour en savoir plus : sa biographie.


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