Lecture : la lanterne de Rochecorbon

Il serait bien trop long de publier ici tous les textes ayant évoqué notre Lanterne. Le lecteur gourmand pourra se reporter à notre Encyclopædia Rupes Corbonis dont le tome 6* abonde d’une telle littérature.
* consultable à la Médiathèque de Rochecorbon, à la Bibliothèque Historique de la Touraine (quai Malraux), aux Archives départementales (rue des Ursulines), à la Bibliothèque de la Ville de Tours (quai Malraux), à la Bibliothèque François Mitterand (Paris)…

Au hasard de nouvelles recherches j’ai déniché ce petit texte qui va me permettre —une nouvelle mais certainement pas dernière fois— de rétablir quelques pans de vérité.

Revue littéraire de Touraine de 1885. Archives départementales d’Indre-et-Loire, 180PERU1.

Il est écrit par Bernard Testoin dont j’ignore tout…

Son texte est reproduit ici, avec quelques commentaires rectificatifs de ma part.

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Majestueusement assise sur le coteau septentrional qui surplombe la vallée de la Loire, elle semble contempler, en souveraine, le vaste panorama qui se déroule à ses pieds. Dernier vestige d’un château féodal du XIe siecle, la lanterne de Rochecorbon date de la première croisade, elle fut construite l’an 1095 par Robert des Roches de Corbon, Seigneur de Touraine et propriétaire de la châtellenie des Roches. Ayant à redouter les fréquentes incursions de Foulques IV, le Réchin, le sire de Rochecorbon fit élever dans un des angles de son manoir une sorte de tour quadrangulaire au sommet de laquelle, en temps d’alerte, des feux étaient allumés et avertissaient les forces militaires d’Amboise qu’un danger imminent le menaçait. C’est, du reste, sur cette vieille tradition historique que se sont basés nos contemporains lorsqu’ils donnèrent le nom de « Lanterne » à ce souvenir vivant du moyen âge.

À la fin du chapitre l’auteur précise qu’il s’agit d’une tradition historique : il a bien raison d’être prudent ! La légende de la construction de la Lanterne en 1095, que l’on trouve à profusion sur internet, date de 1818 sous la plume de Jean-Louis Chalmel, un « historien » tourangeau qui crut comprendre cela d’un texte du XIIe siècle évoquant une fortification du château de Rochecorbon en 1097, mais qu’il replaça en 1095 pour soutenir son hypothèse sur la première Croisade de 1095… En tordant l’Histoire, on peut lui faire dire beaucoup de choses !

Quant à la légende d’envoi de signaux de fumée, apparue en 1747, une simple visite à la Lanterne permet d’en évaluer l’impossibilité !

La plate-forme supérieure de la lanterne est si étroite qu’on peut tout juste s’y tenir debout, la tourelle étant percée en son centre d’un escalier. Impossible d’y allumer un brasier qui émettrait assez de fumée pour être visible depuis Amboise…

Si vous côtoyez ces rochers séculaires, dont les flancs jadis battus par la Loire portent encore son empreinte de nos jours, si vous réédifiez par la pensée, l’imposant et fier castel ceint de sombres créneaux, qui dominait autrefois ce site délicieux de notre province, votre esprit se reporte involontairement aux temps chevaleresques où les hauts Barons, accompagnés de suites nombreuses, allaient guerroyer en Palestine pour la gloire de leur Dieu et l’amour des belliqueuses expéditions. Époque réellement mémorable par la valeur des héros qu’elle enfanta, par le courage admirable de ces hommes de fer, qui, portant la vaillance à son apogée, firent prévaloir l’influence française jusque dans l’Extrême-Orient, et perpétuèrent, de génération en génération, le prestige immortel s’attachant à tous les guerriers issus de notre noble et beau pays de France!

Il y a bien bien longtemps que la Loire ne lèche plus le coteau, si ce n’est lors de gigantesque crues que l’on ne connaît plus de mémoire d’Homme (les crues centenales de 1848, 1858 et 1868 n’y arrivaient pas). D’autre part aucun baron de Rochecorbon n’a participé aux Croisades : en 1095 le seigneur d’Amboise, Hugues Ier de Chaumont, y est allé et a demandé au seigneur de Rochecorbon son cousin de veiller sur son château. Avant les Croisades on a l’exemple de Tedasius, vassal de Rochecorbon, qui était parti en pèlerinage à Jérusalem en 1064.

Témoin impassible des révolutions successives qui agitèrent, depuis près de neuf siècles la vieille contrée gauloise, l’ancien signal d’alarme de Robert des Roches est aujourd’hui une vénérable ruine classée, à juste titre, parmi les plus intéressants spécimens archéologiques de la région.

La distance de quelques kilomètres séparant Rochecorbon de la ville de Tours offre, par une journée de printemps, une promenade pleine de charmes et d’attraits : d’un côté les eaux fertilisantes de la Loire, avec leurs ilots de gazon et leurs bords recouverts d’une végétation luxuriante ; de l’autre un paysage pittoresque, de riches collines, de curieuses habitations habilement creusées dans le roc, des arbres fleuris, oủ le bouvreuil et la mésange gazouillant à l’unisson, animent par leurs joyeux ramages cette verdoyante campagne. Si vous gravissez enfin le chemin escarpé qui conduit à l’antique édifice du règne de Philippe Ier, vous embrassez alors l’une de ces perspectives, à la fois riantes et grandioses, l’un de ces magnifiques horizons, au spectacle desquels l’âme abandonne, sans effort, les sphères terrestres pour s’élever vers l’essence infinie du Créateur !

Rappelons que la Lanterne ne date pas de 1095 sous le long règne de Philippe Ier (roi des Francs de 1060 à 1108) , mais de 1472 sous celui de Louis XI (roi de France de 1461 à 1483).

La Lanterne de Rochecorbon, appelée ainsi d’un terme d’architecture signifiant « petite tour surmontant un édifice », fut érigée vers 1472 par le seigneur de Rochecorbon qui voulait rappeler à tous les passants son statut de seigneur mais surtout marquer l’emplacement du péage sur la Loire qu’il avait instauré : les bateaux devaient s’arrêter sur la Loire, au pied de la Lanterne, afin de payer leur écot.

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Enfin, si l’idée vous venait de découvrir le paysage enchanteur visible depuis la Lanterne, vous pouvez la réaliser chaque année lors des Journées du patrimoine : la Mairie de Rochecorbon organise une Marche du Patrimoine le dimanche matin qui se termine systématiquement auprès de ce monument (propriété privée). Prochaine visite, le dimanche 20 septembre 2026…


Une réflexion sur “Lecture : la lanterne de Rochecorbon

  1. La lanterne de Rochecorbon .

    Bonjour , je connais bien l’histoire de cette Lanterne , car j’ai actuellement 88 Ans et je suis né au 3 rue des Basses Rivières ,puis en 1960 mais parents sont venus habités au 9 ,rue des Basses Rivières jusqu’en 1990 .

    Bien sincérement.Mr TIERRY Marcel

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