Épidémie et rentrée scolaire

Devant l’inaction du conseil municipal de Rochecorbon la décision du Préfet est tombée : pour limiter les effets de l’épidémie les salles de classe devront être largement aérées, les fenêtres ouvertes.

Mais la question fait débat ; il est même question de reporter la rentrée scolaire car la situation inquiète. Tout le monde est d’accord que la présence des enfants à l’école fait partie des valeurs de la République, sauf que cette épidémie les touche particulièrement et ils deviennent alors vecteurs de la maladie.

Ah, j’ai peut-être oublié un détail, celui de vous dire que cette histoire se déroulait en avril 1882 à Rochecorbon et la rentrée était celle d’après les vacances de Pâques.

Début mai 1882 le docteur Céron, Médecin Inspecteur des écoles, écrivait au Préfet :

« Depuis le commencement de l’hiver, la population enfantine de la commune de Rochecorbon est à peu d’exception près, la proie d’un génie morbide épidémique qui a successivement revêtu les formes rubéolique, coquelucheuse et scarlatiforme avec bronchites et angines consécutives.
Dans le courant du mois dernier, le nombre des petits tousseurs était devenu tel, que la moitié environ des élèves ont dû être consignés au domicile de leurs parents ; et, sans l’arrivée fort opportune des vacances de Pâques, j’aurais soumis à votre haute appréciation la question de la fermeture momentanée de l’école, précédée du licenciement total des élèves. »

En 2020 : à droite la mairie de 1838 et son extension de 1975. Au fond l’ancienne école : l’escalier correspond à l’ancienne entrée du préau fermé, à droite on voit que les fenêtres ont été agrandie fin XIXe pour plus de lumière et d’aération.

L’affaire dura des mois avant que le Conseil ne décide de l’agrandissement des fenêtres, l’assainissement des terrains environnant l’école et notamment refaire les toilettes scolaires qui étaient devenues une puanteur.

C’était bien un autre temps : à cette époque l’école recevait en moyenne 150 élèves, avec un instituteur pour les 75 garçons et une institutrice pour les 75 filles. L’instituteur touchait 200 francs par mois complétés par la somme que devaient payer les familles pour envoyer leur enfant à l’école. L’institutrice était moins payée bien que depuis quelques années son salaire fut augmenté pour réduire l’écart (en 1848 elle ne touchait que 50 francs par mois…). Et autre circonstance aggravante, les enfants n’étaient pas vaccinés.

L’école de Rochecorbon se situait derrière la mairie, c’est aujourd’hui la salle des fêtes communale.

L’école de Rochecorbon en 1836. La bâtiment de la mairie était moins profond qu’aujourd’hui, l’essentiel du bâtiment accueillait les instituteurs (la mairie n’occupait que les deux pièces en vert).


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