Une digression vers Saint-Georges

Le texte qui suit est tiré de « Pages oubliées, Légendes et traditions »  rédigé par Gaston Bonnery, 1909, il est repris ci après et agrémenté de différents dessins, photos ou cartes postales. Merci à la SAT pour la photo intérieure de l’escalier Saint-Georges : photo de 1900 environ.

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La route qui se déroule vers Saint-Georges, entre le coteau et le fleuve en amont de la ville de Tours, est charmante, pleine de souvenirs, de sorte que l’on peut faire l’école buissonnière sans trop se détourner de sa direction.
En 1793, lors de la tourmente révolutionnaire, les magistrats municipaux changèrent son nom en celui de « Georges du petit rocher », afin de se complaire entre eux, ils s’apprêtaient à plier leur échine sous l’allure altière des « Grandes roches de Rochecorbon » auxquelles du reste fut réuni leur village par un décret du 2 février 1808. 


La Chapelle St-Georges aujourd’hui.

L’Église récemment restaurée se cache au fond d’un petit vallon ; sa tour carrée est ornée d’une corniche à figures grotesques. Une « litre » couvre les murs extérieurs en l’honneur de funérailles quasi princières. Quelques entrelacs carolingiens d’une antique ornementation sont encore plaqués sur ses vieilles murailles. 

Vitrail.

 



Entrelacs Mérovingiens sur le mur extérieur.






QQQQQQQQQQQQQQÀ l’abside est une verrière composée de fragments d’un ancien vitrail à plusieurs personnages.

La sacristie creusée dans le tuf est ornée des armoiries de Mgr Mathieu d’Ervault 1603-1746.
Cette paroisse constituait un fief relevant de l’archevêché de Tours, à foi et hommage simple, et 6 deniers de service annuel.

Une peinture murale recouvre la partie supérieure concave du sanctuaire, on y reconnaît le Père Éternel environné des Évangélistes historiens des merveilles de la doctrine de Jésus-Christ, un ange tient entre ses mains un phylactère. 

Fresque de l’église St Georges représentant le lavement des pieds.
Autre fresque représentant le chœur des anges.
Une autre peinture murale recouvrait naguère le mur du chevet, elle a disparu lors des travaux de restauration. On y discernait aisément un groupe de cinq soldats, dont le casque en tête se termine en pointe aiguë portant en avant un nasal. C’est le casque normand que les Francs venaient d’adopter, abandonnant l’armure de tête des Légions Romaines. Une calotte de laine protégeait la tête afin d’amortir les coups trop violents des haches d’armes et des masses.
Ce n’est, en effet, qu’au XIIIe siècle que le heaume naît et entre dans la composition de l’armure des chevaliers.




Casque Viking (photo R.Pezzani).  
Ce nasal rappelle ces deux vers de Basselin : 
« Il vaut mieux cacher son nez dans un grand verre

Il est mieux assuré qu’en un casque de guerre.»

Quels étaient ces guerriers ?

Un seigneur Suzerain dont le harnais de guerre était recouvert d’un blason de gueules à trois têtes de léopard, donnant une accolade du plat de l’épée à l’un de ses vassaux. C’est ainsi que se faisait la cérémonie de « l’investiture ». Dans celle-ci on pouvait reconnaître Arthur de Bretagne, qui venait d’être proclamé Roi d’Angleterre dans la Basilique de Saint-Martin à Tours. Or ce prince succédait à son oncle Richard Coeur de Lion, tué si malheureusement le 6 avril 1199, au siège de Chalus. Arthur de Bretagne comme comte de Touraine, élevait par cette Investiture Geoffroy de Brenne, seigneur de Rochecorbon, un des plus puissants seigneurs du royaume; à la dignité de Sénéchal des trois provinces d’Anjou, Maine et Touraine. Le récit des événements de cette époque nous conduirait inutilement à travers de longs et languissants détails d’actions militaires, parfois l’armistice succédait à des opérations entreprises sous le prétexte de quelque offense réelle ou imaginaire, et nous voyons souvent les troupes royales de Philippe-Auguste se heurter aux archers anglais. 

Non loin de la chapelle à la description de laquelle je me suis laissé entraîner, se voyait le logis, seigneurial ; lui aussi était taillé dans le roc, un gigantesque escalier composé d’une centaine de marches partagées en divers paliers éclairés par de larges ouvertures, faisait communiquer la vallée avec le sommet du plateau, ou retentissaient les pas cadencés des soldats mercenaires.

 

Sur cet escalier monumental, « l’imagination populaire » a broché tout un réseau de fantaisies dans lesquelles on ne doit avoir qu’une confiance limitée. Ainsi l’on raconte que Thibault des Roches, seigneur de Rochecorbon, aussi galant que doué d’un profond savoir, aimait à étendre sa juridiction autour de ses domaines et venait rendre visite à la « Dame de ses pensées », femme d’une maison illustre que la nature avait doué de toutes les qualités de l’esprit comme de la beauté du corps.

 

Sybille d’Amboise douce et bonne, mais dont le cœur s’ouvrait pour aimer, favorisa les intrigues de son seigneur et maître. 
La tourelle hautaine d’un pigeonnier, dernier vestige des droits de « fuie » des anciens possesseurs du pays, porte encore un cartouche dont la sculpture en saillie représente un dragon.


L’intérieur de l’escalier vers 1900.

(Document de la Société Archéologique de Touraine)

Sur le territoire de l’ancien fief de Saint-Georges, s’élève aujourd’hui le domaine de Rosnay, avec sa haute futaie et son joyeux vivier. Paul Scarron venait dans sa jeunesse y passer quelques jours chez son oncle, Nicolas Scarron de Rosnay, alors que son père était occupé comme conseiller au Parlement sous Louis XIII. (Nota, il semblerait que l’auteur fasse confusion avec la propriété de Rosnay possédée par la famille  Scarron à Nazelle Négron et non à St Georges)

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Remarque : contrairement à la Chapelle, pour laquelle une équipe active de bénévoles anime visites et souvenirs, il n’en est pas de même  pour « l’escalier des Anglais ». Ce dernier n’est pas protégé laissant le temps, la pluie, le froid entreprendre son œuvre destructrice. Sa dégradation est rapide.
 Aujourd’hui un tiers environ de la construction a disparu. Dans quelques années il ne restera que ces photos pour nous rappeler le souvenir de cette curiosité du moyen âge. (note de R. Pezzani)

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